Le 1er juin dernier, au lendemain de l’augmentation du prix du carburant à la pompe, des manifestations ont été enregistrées sur l’Axe pour  protester  contre cette mesure prise par le gouvernement Mohamed Béavogui. Malheureusement, Thierno Mamadou Diallo, un jeune candidat au BEPC et âgé d’une vingtaine d’années a trouvé la mort, en marge de ces manifestations à Hamdallaye, dans la commune de Ratoma. Une bavure de trop qui a été condamnée aussi bien par le gouvernement que par les acteurs sociopolitiques. Le FNDC est allé jusqu’à projeter une marche funèbre du centre-ville jusqu’au cimetière de Bambéto, comme il en avait l’habitude sous le régime déchu. Mais c’est compter sans le très médiatique  procureur général près la cour d’appel de Conakry, Alphonse Charles Wright, qui, hier dimanche 5 juin, a cru devoir  monter au créneau pour mettre en garde toutes celles et tous ceux qui seraient tentés de faire  de la récupération politique ou sociale suite à la mort du jeune Thierno Mamadou Diallo. Il n’a pas manqué de menacer de poursuites les éventuels organisateurs de marches de nature à perturber l’ordre public.
Pour beaucoup d’observateurs de la scène sociopolitique guinéenne, il est temps que les personnes qui versent facilement dans  la récupération politique ou sociale mettent enfin de l’eau dans leur vin. Ces 15 dernières années, les manifestations de rue ont été systématiquement émaillées de violences avec des morts et des destructions de biens publics et privés. Les victimes des manifestations, de 2007 à ce jour, attendent toujours d’être rétablies dans leurs droits. Que l’âme du jeune Thierno Mamadou Diallo repose en paix et que son assassin soit démasqué pour servir d’exemple dans une Guinée désormais engagée résolument dans une lutte sans merci contre l’impunité sous toutes ses formes.
Kèfina Diakité 
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