Depuis le congrès extraordinaire du 29 novembre 2025 qui a plébiscité notre équipe à la tête de l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI), l’histoire de notre faîtière se lit à travers le prisme d’une résistance acharnée contre l’arbitraire, la gestion clanique et les interférences illégitimes d’officines administratives. Alors que la République de Guinée, sous la conduite du Général Mamadi Doumbouya, érige la justice en « boussole » de l’État et fait de la lutte contre la corruption un impératif catégorique non négociable, l’AGEPI revient de loin : elle émerge des décombres d’une gestion opaque, marquée par des années de gabegie sous la houlette de l’ancienne équipe dirigeante (Aminata et consorts).

Aujourd’hui, l’affaire de l’AGEPI ne se résume plus à un simple différend associatif interne ; elle est devenue le révélateur d’un système de prédation institutionnelle orchestré au sommet par des parrains tapis dans l’ombre, à l’image du président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, et du directeur de la Maison de la Presse, Hassane Kaba.

  1. Un héritage de désolation : trois ans d’opacité et de pillage financier

Pendant plus de trois années, l’ancienne administration de l’AGEPI (incarnée par Aminata et Soumah) a conduit l’association au bord de l’asphyxie financière et morale. Loin de servir les intérêts des éditeurs de presse indépendante, cette période a été caractérisée par un détournement systématique des subventions publiques et des ressources propres de l’association à des fins strictement personnelles et claniques.

Le bilan de cette gestion catastrophique laisse l’AGEPI exsangue, accablée par des arriérés de loyers massifs et des salaires impayés de la secrétaire administrative, tout cela pendant que les caisses étaient méthodiquement pillées à travers des pratiques inacceptables :

  • Prélèvements abusifs : Les cotisations prélevées à la source pour tous les membres — censées assurer l’entretien minimal du bureau et garantir la couverture salariale de la secrétaire — ont été purement et simplement empochées.
  • Opacité sur les fonds spéciaux : Le montant alloué dans le cadre du recensement (PN-RAVEC) n’a jamais été déclaré ni reversé dans les comptes de l’association.
  • Fonds référendaires rejetés et présidentiels détournés : La gestion des fonds liés au référendum a fait l’objet d’un rejet partial, tandis que le montant alloué lors de l’élection présidentielle a été illégalement intercepté, dilapidé en catimini, et finalement réinvesti dans le financement clandestin d’un congrès factice.

Laisser perdurer de telles pratiques aurait consacré la mort programmée de la presse indépendante guinéenne. C’est précisément pour rompre avec cette culture de l’impunité que les membres de l’AGEPI ont exigé et obtenu le renouvellement de leurs instances le 29 novembre 2025.

  1. La justice boussole et la tolérance zéro : L’appel républicain du Général Mamadi Doumbouya

Face à cette descente aux enfers, notre boussole est restée ancrée dans la légalité républicaine. Après dix mois de procédures judiciaires rigoureuses, les tribunaux compétents ont rendu plusieurs décisions confirmant la légitimité de notre Bureau exécutif. Nous avons fait le choix de confier nos droits à la justice, croyant fermement en la promesse d’un État de droit équitable.

Cette démarche trouve un écho direct dans la vision portée par le Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, dont la détermination contre la corruption sous toutes ses formes demeure totale et inflexible. Ses avertissements récents résonnent comme un couperet pour les fossoyeurs des deniers publics et des biens communs :

« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l’abri de la rigueur républicaine… L’exigence d’exemplarité s’applique à tous, sans exception, à commencer par ceux qui servent à mes côtés. »

Ces mots rappellent avec force que nul n’est au-dessus des lois de la République. Pourtant, à rebours de cette dynamique d’assainissement moral, certains fonctionnaires investis de missions de régulation semblent s’affranchir des règles les plus élémentaires de la probité.

  1. Implication de Boubacar Yacine Diallo et Hassane Kaba : Quand la régulation nourrit le clientélisme

Le combat mené aujourd’hui par l’AGEPI met en lumière la responsabilité écrasante de deux figures majeures du paysage médiatique guinéen : Boubacar Yacine Diallo (président de la HAC) et Hassane Kaba (directeur de la Maison de la Presse). Ayant tous deux dirigé ou côtoyé les arcanes de la presse par le passé, ils ont choisi de subvertir leurs charges institutionnelles pour piloter le pillage successif de l’AGEPI et recaser leurs affidés en échange de sinécures dans les institutions républicaines.

L’ingérence du président de la HAC a atteint un seuil intolérable lors d’une convocation-piège en trompe-l’œil, où, sous couvert de “fonctionnement de l’AGEPI”, il a orchestré une confrontation stérile entre notre bureau légitime et l’ancien clan évincé. N’hésitant pas à infantiliser les acteurs de la presse en remettant en cause la qualité de journaliste du président de l’AGEPI — alors même qu’il en connaît l’historique et la composition —, il est allé jusqu’à proposer une « fusion » ubuesque pour imposer un partage de pouvoir factice.

Devant notre refus légitime de plier face à un diktat extra-judiciaire et notre rappel des décisions de justice, le président de la HAC a basculé dans l’excès de pouvoir caractérisé :

  • Mise à disposition de locaux institutionnels : Il a offert la salle de conférences de la HAC pour abriter, le 24 septembre 2026, un simagrés mafieux accouchant d’une structure fantoche baptisée « AGEPI-Renouveau », conçue pour supplanter notre association.
  • Chantage et menaces à peine voilées : Il n’a pas hésité à brandir la menace de rendre publiques les listes des subventions de l’État pour intimider notre équipe si nous osions dénoncer ces agissements dans la presse.
  • Violation des statuts et du droit : En s’immisçant dans la création d’une organisation privée concurrente, le président de la HAC viole le principe constitutionnel d’indépendance et bafoue la Loi L/2019/0027/AN portant Statut général des agents de l’État, qui proscrit les interférences privées compromettant la neutralité d’un agent public.

De son côté, Hassane Kaba, en tant que directeur de la Maison de la Presse, a activement cautionné et soutenu ces manœuvres de déstabilisation, transformant les infrastructures faîtières en camp retranché pour des clans en quête de légitimité perdue, tout en fermant les yeux sur les années de gabegie financière passées.

  1. Conclusion : Pour le salut de la presse libre et indépendante

L’AGEPI ne demande ni privilège ni traitement de faveur ; elle exige simplement le respect strict des statuts de l’association, des lois de la République et des décisions de justice qui ont acté sa légitimité.

La compromission des régulateurs ne doit pas devenir la norme en Guinée. En ce sens, notre appel pressant à l’arbitrage de S.E. Monsieur le Président de la République vise à restaurer l’éthique au sein des instances de régulation, à faire barrage à la corruption institutionnalisée, et à garantir que la liberté d’association et le pluralisme médiatique ne soient pas sacrifiés sur l’autel des intérêts crypto-personnels de quelques intouchables.

La boussole de la justice doit s’appliquer à tous, sans exclusive. La survie d’une presse libre en Guinée en dépend.

Mamadou Aliou Diakité, Président de l’AGEPI

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