Pourquoi déranger quand on peut se taire et profiter du système ? Dans les couloirs du paysage médiatique guinéen, la transparence et la probité sont devenues, pour une caste d’intrigants, des fautes impardonnables. Pour avoir refusé le compromis et dénoncé haut et fort la corruption systémique qui gangrène notre secteur, nous sommes aujourd’hui la cible de manœuvres d’éviction, d’intimidation et de chantage.
Pendant des années, ceux qui régnaient en maîtres absolus sur la presse et ses institutions d’encadrement n’ont jamais prononcé le mot “corruption” dans leurs discours. Ce silence coupable n’était pas un oubli : c’était le ciment d’un système de rente et de passe-passe où une poignée d’individus se partageait privilèges et représentations au détriment des véritables acteurs du métier.
Le rôle trouble de Yassine Diallo et l’ombre portée sur la HAC
Au cœur de ce système se trouve la gestion controversée de la Haute Autorité de la Communication (HAC) sous la houlette de Yassine Diallo. Alors que cette institution constitutionnelle devrait être le garant de l’équité, de l’indépendance et de l’éthique journalistique, elle est devenue, aux yeux de nombreux professionnels, le bras armé d’une gestion opaque et partisane :
- Un pouvoir d’influence détourné : Plutôt que de protéger les journalistes et de moderniser les entreprises de presse, l’instance a trop souvent servi de bouclier à un réseau fermé d’affidés et de présidents d’associations fictives.
- Le règne de l’intimidation : C’est sous cette couverture d’autorité que s’exercent les pressions. Quand un membre du milieu est sommé lors d’appels nocturnes ou de réunions informelles de “se rallier à ce qu’a dit Yassine” sous peine d’être arbitrairement écarté, c’est la preuve que les méthodes mafieuses ont remplacé le débat républicain et le respect de la loi.
- Alliances douteuses et ingérences : Comment tolérer que la direction de la HAC ou ses relais laissent un ressortissant étranger — comme Grégoire Ankou, auto-proclamé président à vie de l’UPLG — faire la loi, administrer des plateformes de présidents d’associations guinéennes et exécuter des sentences d’exclusion contre des citoyens guinéens ?
La complicité des organes « fantômes » et de l’AGEPI
Pour maintenir ce verrouillage, la méthode est bien rodée : s’appuyer sur des présidents de presse en ligne ou écrite dont les journaux et magazines ne paraissent plus depuis des années.
Ces coquilles vides, subtilement introduites au nom de l’AGEPI et infiltrées dans la FEPAP ou d’autres instances faîtières, ne servent qu’à fabriquer de fausses majorités. On écarte les vrais organes, les vrais directeurs de publication, les vrais investigateurs, pour conserver entre « amis » le monopole des décisions et des ressources.
Avec les nouvelles autorités : La fin du règne des caméléons
Mais ce temps est définitivement révolu. Le peuple souverain de Guinée et les nouvelles autorités ont engagé le pays dans une dynamique irréversible de refondation, de justice et de lutte contre l’impunité.
Le domaine des médias, souvent qualifié de plus pourri de la République en raison de ces deux décennies de passe-passe, ne saura bénéficier d’aucune exception ni d’aucun privilège d’extraterritorialité.
Aujourd’hui, le message doit être clair et sans équivoque :
- Fin du règne des caméléons : Les individus inamovibles qui ont changé de masque à chaque régime pour préserver leur chasse gardée doivent rendre des comptes et céder la place.
- Audit des représentations à la HAC et dans les faîtières : Les autorités compétentes doivent vérifier la légitimité réelle et légale de tous ceux qui siègent au nom de la presse.
- Tolérance zéro pour l’abus de pouvoir : La justice et les organes de contrôle de l’État doivent se saisir des faits de menaces, d’extorsion d’alignement et d’ingérence étrangère dans la gouvernance des médias nationaux.
Notre dénonciation de la corruption n’était pas un délit, c’était un devoir civique. Que ceux qui ont transformé les institutions de la presse en boutique privée sachent que le règne de l’impunité a pris fin. Nul n’est au-dessus de la loi !
Mamadou Aliou Diakité
Président de l’AGEPI









