Introduction : Le masque tombe au siège de la régulation

Le 24 septembre 2026 restera une date sombre dans les annales de la presse guinéenne. Ce jour-là, la Haute Autorité de la Communication (HAC) n’a pas seulement prêté sa propre salle de conférences à un groupe dissident : son président, Boubacar Yacine Diallo, est venu en personne adouber l’assemblée hybride du soi-disant groupe « AGEPI-Renouveau ».

L’analyse et le décryptage des propos tenus par le chef de l’institution de régulation lors de cette prise de parole révèlent une dérive institutionnelle sans précédent. Loin de son rôle constitutionnel d’arbitre neutre, le président de la HAC s’est mué en parrain exécutif d’une faction disqualifiée par la justice et désavouée par les véritables patrons de presse écrite.

  1. L’hébergement coupable : La HAC transformée en quartier général d’une dissidence

Le premier élément saisissant de cette intervention réside dans le cadre même de la déclaration. En mettant les locaux de la HAC à la disposition des 17 membres de l’« AGEPI-Renouveau » pour y tenir leur conclave :

  • La HAC viole sa propre neutralité : Une institution républicaine de régulation ne peut ni ne doit abriter les congrès d’associations privées, encore moins lorsqu’il s’agit d’un groupe contesté et opposé à un bureau légitimement élu.
  • Le déni de justice sanctuarisé : En parrainant cette cérémonie, M. Boubacar Yacine Diallo a sciemment fait fi des verdicts judiciaires et des notifications formelles transmises par le Bureau exécutif légitime dirigé par Mamadou Aliou Diakité. Le régulateur s’est ainsi érigé au-dessus des lois et des cours de justice de la République.
  1. Un discours à double détente : Entre paternalisme déplacé et chantage implicite

En décortiquant le fond du discours prononcé ce 24 septembre par le président de la HAC devant cette assemblée sur mesure, les contradictions sautent aux yeux :

  1. La légitimation d’un exécutif fantoche : En saluant la « maturité » ou l’initiative de ce rassemblement, le président de la HAC a tenté d’offrir un vernis de légalité à des individus (au premier rang desquels figure le tandem de l’ancienne gestion) qui n’ont présenté aucun rapport financier en trois ans de gestion et qui traînent des casseroles de détournements de subventions publiques.
  2. Le chantage à la subvention d’État : Derrière les poignées de mains chaleureuses et les discours d’encouragement se dessinait la véritable manœuvre : rassurer ce clan ami quant à leur maintien sur les listes de distribution de la subvention 2026, au détriment des vrais éditeurs de journaux. C’est la consécration du système de rente où la HAC choisit ses “patrons de presse” sur la base de la docilité et non de la production éditoriale.
  3. Une rhétorique à l’opposé des actes futurs : Il est saisissant de mettre en parallèle cette prise de parole du 24 septembre — où il adoube des organes sans rédaction et sans personnel — avec ses déclarations du 8 octobre suivant lors de la FEPAP-GUI, où il fustigera avec cynisme les « petits patrons » et exigera « 4 milliards de capital ». Ce grand écart verbal démontre que les principes avancés par le président de la HAC ne sont que des arguments d’opportunité politique.

III. Les conséquences désastreuses pour la corporation

Cette sortie vidéo du 24 septembre constitue la preuve matérielle et irréfutable de l’ingérence directe de la HAC dans le fonctionnement interne des organisations professionnelles :

  • Disqualification des vraies entreprises de presse : En adoubant des structures « copier-coller », le président de la HAC rabaisse la presse écrite guinéenne et envoie un signal catastrophique à la jeunesse passionnée qui tente de faire vivre des entreprises de presse aux standards professionnels.
  • Consécration du désordre institutionnel : En parrainant un groupe dissident au sein même de la HAC, M. Boubacar Yacine Diallo est le premier artisan du désordre qu’il prétend aujourd’hui combattre.

Conclusion : La vidéo de la preuve

Cette intervention vidéo du 24 septembre 2026 ne plaide pas en faveur du président de la HAC : elle l’incrimine. Elle montre à l’opinion publique et au peuple souverain de Guinée comment un régulateur a choisi de sacrifier l’éthique, les statuts de l’AGEPI et les décisions de justice sur l’autel d’alliances de couloir.

Face à cette forfaiture immortalisée par les caméras, le Bureau légitime de l’AGEPI réitère sa détermination : la régulation ne saurait être un permis de piétiner la loi. Le papier, les actes judiciaires et l’histoire jugeront les imposteurs et leurs parrains.

Mamadou Aliou Diakité

Président de l’AGEPI

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