Il y a des figures dont le parcours ressemble à une longue pièce de théâtre tragi-comique. À la tête de la Haute Autorité de la Communication (HAC), l’homme qui se rêvait en redresseur de torts et en censeur suprême de la corporation journalistique donne aujourd’hui l’image d’un gestionnaire aux abois, tétanisé à l’idée de rendre des comptes. Chronique d’une descente en règle.
On l’a connu bardé de certitudes, pérorant sur les hauteurs de sa fonction et prétendant chasser le lion dans la jungle des médias. Mais à l’épreuve des faits, la montagne a accouché d’une bien triste souris. Le grand pourfendeur autoproclamé de l’éthique journalistique réapparait sous les traits d’un simple lièvre apeuré, fuyant la lumière crue de la vérité administrative et financière.
L’ombre portée de l’AGEPI et les fantômes du passé
Comment parler de rigueur morale quand on traîne derrière soi de sulfureux passés de gestion ? L’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) garde encore les stigmates d’une époque où l’amateurisme le disputait à l’affairisme. Entre la gestion pour le moins opaque de structures censées porter la voix de la profession et la trajectoire de ce journal mort-né, L’Enquêteur, éphémère et stérile, le bilan laisse pantois. Loin d’être un phare pour la corporation, cette aventure éditoriale s’est révélée n’être qu’un épiphénomène, s’inscrivant paradoxalement comme l’un des symboles les plus éclatants de l’imposture au sein de la presse écrite.
L’art du profit en eaux troubles sous la transition
Et que dire de la probité de ce caméléon des institutions ? Lorsque la junte a pris le pouvoir en décrétant, dans un sursaut d’ordre, la mise en stand-by de toutes les structures et institutions étatiques, notre stratège n’a pas perdu le nord. Profitant habilement du chaos ambiant et bravant les sommations de mise en veille, il s’est empressé de réaliser un retrait malhonnête de fonds, prouvant si besoin en était que le sens de l’intérêt public s’arrête là où commence l’opportunisme personnel.
La panique à bord face au spectre de l’audit
Aujourd’hui, l’édifice vacille et la panique a changé de camp. Derrière les grands discours moralisateurs assénés depuis les ors de la régulation, le président de la HAC retient son souffle. La raison de cette sueur froide ? La peur viscérale d’un nom : Diakité.
Face à la menace imminente d’un audit rigoureux et implacable, susceptible de remonter le fil de sa gestion périmée et des zones d’ombre financières de son passage à la tête des structures sous sa coupe, le grand patron perd son assurance. Les manœuvres d’intimidation et les postures autoritaires ne suffisent plus à masquer l’angoisse de la reddition des comptes.
Quand le vernis craque, il ne reste de l’intimidateur que l’ombre d’un gestionnaire frileux, rattrapé par les vieux démons de son propre bilan. Les acteurs de la presse, fatigués des leçons de morale d’un système à bout de souffle, attendent désormais de pieds fermes que la lumière soit enfin faite.
Mamadou Aliou Diakité, le Président de l’AGEPI










