Dans le milieu de la presse, la transparence est une exigence déontologique, un sacerdoce. Pourtant, au sommet de l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI), cette valeur semble avoir été sacrifiée sur l’autel des intérêts personnels et des manœuvres de couloir. Le bilan de la gérance du binôme Aminata-Soumah ne se résume pas à une simple fin de mandat ; il s’apparente à une gestion de « boîte noire » où les comptes sont occultés et les ressources détournées.

Trois Ans de Silence Radio sur les Comptes

Le constat est accablant : durant trois années de gérance, aucun rapport financier digne de ce nom n’a été présenté aux membres de l’association. Cette absence totale de reddition de comptes n’est pas une négligence, c’est une stratégie. Comment justifier que le montant lié au PN-RAVEC n’ait jamais été déclaré ? Où est passée la clarté due aux éditeurs sur ces fonds publics destinés à la modernisation de notre secteur ?

Plus grave encore, les épisodes des chèques électoraux soulèvent des questions de probité fondamentales. Entre un chèque de référendum partiellement rejeté — signe d’une gestion administrative erratique — et le chèque de la présidentielle, le scandale est total.

L’Interception de trop : Des Fonds Captés hors Mandat

Le droit est pourtant clair : le mandat du bureau exécutif dirigé par Madame Aminata Camara est arrivé à expiration en novembre 2025. En continuant d’exercer sans base légale, elle s’est placée dans une situation d’illégalité flagrante. C’est dans ce contexte de caducité qu’elle aurait intercepté le chèque de la présidentielle.

Loin d’être redistribués selon des critères d’équité et de mérite professionnel, ces fonds auraient été partagés entre un cercle restreint : un « clan » de prétendus journalistes adeptes du « copier-coller », plus prompts à servir la présidente déchue qu’à servir l’information. Cette distribution occulte confirme les craintes déjà exprimées en 2022 par les véritables acteurs de la presse, qui dénonçaient une « atmosphère malsaine » et une « voracité » sans précédent.

Le Simulacre du 16 Janvier : La Fuite devant la Responsabilité

Pour couronner ce hold-up institutionnel, l’organisation d’un congrès à huis clos le 16 janvier 2026 restera comme une tâche indélébile dans l’histoire de l’AGEPI. Organisée sans publicité, sans convocation régulière et dans une opacité totale, cette réunion n’avait qu’un but : éviter de rendre des comptes.

Se réfugier derrière des portes closes pour désigner un successeur « maison », Monsieur Aboubacar M’Mah Soumah, est une manœuvre désespérée destinée à couvrir les traces d’une gestion financière désastreuse. C’est la preuve ultime d’une volonté de perpétuer un système où l’on vient pour « se servir » et non pour « servir » la corporation.

Conclusion : L’Heure de la Restitution

L’AGEPI ne peut plus être la propriété privée d’un clan qui confond les subventions d’État avec un patrimoine personnel. On ne peut diriger une association d’éditeurs en bafouant les principes de transparence que nous exigeons quotidiennement des gouvernants. Le temps de l’impunité est révolu ; la justice devra rappeler que le service de l’intérêt commun ne souffre aucune zone d’ombre. La presse guinéenne mérite des leaders, pas des gestionnaires de l’ombre.

Kèfina Diakité

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