Alors que le Tribunal de Première Instance de Kaloum s’apprête à rendre son verdict le 25 mars prochain dans le conflit opposant la présidente sortante Aminata Camara au nouveau bureau de Mamadou Aliou Diakité, les dessous d’une gestion qualifiée de « prédatrice » éclatent au grand jour. Derrière les discours de légitimité, la réalité physique et sociale de l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) est celle d’un champ de ruines.
Le bilan d’un désastre : Des bureaux moisis et une secrétaire aux abois
Le constat est sans appel pour les membres qui ont enfin pu accéder au siège de l’association. Suite à une décision de justice ayant ordonné l’ouverture forcée des locaux, le nouveau bureau a découvert un spectacle de désolation :
– Locaux en ruines : Des bureaux moisis, une humidité persistante et un mobilier devenu totalement inutilisable par manque d’entretien.
– Faillite sociale : Pendant que les aides circulaient, la secrétaire de l’association — cheville ouvrière de l’ombre — accumule 9 mois d’arriérés de salaire.
– Impayés de loyer : Le siège accuse 5 mois de loyer impayé, menaçant l’institution d’une expulsion humiliante.
Pendant trois ans, le règne d’Aminata Camara n’aura été marqué par aucun acte social, aucun projet de développement, ni aucune formation pour les éditeurs. Le travail de l’équipe sortante semble s’être résumé à une seule activité : l’interception systématique des subventions et des aides au profit d’un clan restreint.
Le chèque de la discorde : 100 millions partagés en « catimini »
L’épisode le plus sombre de cette gestion reste l’affaire du chèque de la Direction Générale des Élections (DGE). Pour la couverture de la dernière élection présidentielle, une somme de 100 000 000 GNF a été débloquée.
Pourtant, la base de l’AGEPI a été maintenue dans une ignorance totale. Les fonds auraient été récupérés et partagés dans l’opacité la plus absolue entre les membres du clan sortant, sans que les membres de l’association n’y soient associés ou n’en voient la couleur. Ce “hold-up” moral est aujourd’hui au cœur d’une plainte pour détournement de fonds devant la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
Aboubacar Soumah ou la stratégie du « Dauphin sans siège »
Malgré ce bilan désastreux, la stratégie de survie du clan sortant se poursuit à travers Aboubacar Soumah. Ce dernier s’est présenté le 12 mars 2026 à la DGE comme le représentant de l’AGEPI pour négocier de nouveaux partenariats.
Une démarche jugée « grotesque » par le bureau de Mamadou Aliou Diakité, qui a immédiatement adressé une lettre de protestation à la Directrice de la DGE. Les griefs sont clairs :
- Imposture institutionnelle : Soumah dirige un « bureau fantôme » sans siège social.
- Conflits d’intérêts : La complicité de certains cadres de la Maison de la Presse (Hassane Kaba) et de la HAC (Amadou Touré), qui cherchent des « points de chute » en fin de mandat, est vivement dénoncée.
- Déni de réalité : Soumah multiplie les démarches en affirmant représenter des « journalistes », ignorant que l’AGEPI est une association d’Éditeurs (Patrons de presse).
Conclusion : La boussole face au naufrage
La justice guinéenne est désormais face à ses responsabilités. Le 25 mars, elle devra trancher entre un bureau qui occupe physiquement les lieux et tente de réparer les ruines, et un clan sortant accusé d’avoir siphonné les ressources de la corporation dans l’opacité et l’orgueil.
La « carotte est cuite » pour les partisans du mercenariat associatif. L’AGEPI ne peut plus être le jouet de ceux qui confondent patrimoine commun et poche personnelle.
Par la Rédaction










