Dans une déclaration faite dimanche 07 décembre 2025, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a une nouvelle fois contesté la légitimité et l’organisation du scrutin présidentiel du 28 décembre prochain.
« Il y aura une mascarade électorale dont le seul objectif est de donner un semblant de légitimité et de légalité à la confiscation programmée du pouvoir par Mamadi Doumbouya, en violation de son serment et de sa parole d’officier », a martelé l’ancien Premier ministre de feu Lansana Conté.
« C’est le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation qui organise ce soi-disant scrutin. Un ministère dirigé par un général placé directement sous l’autorité du candidat Mamadi Doumbouya », a-t-il fustigé.
« Tous les gouverneurs, tous les préfets, la quasi-totalité des sous-préfets sont des officiers ou sous-officiers issus de l’armée, de la gendarmerie ou de la police. Ils sont tous nommés par décret et tenus par la solidarité de corps et la discipline administrative et militaire », fait remarquer le chef de file de l’UFDG. Et d’ajouter: « Un soi-disant scrutin organisé par des gens nommés par le candidat Mamadi Doumbouya et qui détient toujours le pouvoir de les nommer et de les démettre, ne peut pas être une élection ».
Le finaliste malheureux des présidentielles de 2010, 2015 et 2020 a prévenu que son parti, l’UFDG, ne soutiendra aucun candidat qui prend part à ce qu’il considère comme le ‘’deuxième coup d’État’’ orchestré par Mamadi Doumbouya contre le peuple de Guinée et sa souveraineté. « Refuser de participer, ce n’est pas fuir le combat. C’est défendre la République et ses valeurs. Et surtout, défendre le droit du peuple de Guinée de choisir librement ses dirigeants à travers des élections inclusives, libres et transparentes…Refuser de prendre part à cette mascarade électorale dont les résultats sont connus d’avance, c’est aussi et surtout refuser la continuation d’une gouvernance mortifère marquée par des violations massives et récurrentes des droits de l’homme et des libertés publiques », a-t-il souligné.
« Le peuple de Guinée a encore en mémoire l’assassinat impuni de plus de 60 jeunes manifestants à Conakry. Le décès dans des conditions non encore élucidées de plus de 134 citoyens au stade de N’zérékoré », a martelé Cellou Dalein Diallo, tout en déplorant les disparitions et morts suspectes : « Les disparitions forcées de Fonike Menguè, Billo Bah, Habib Marouane Kamara, Sadou Nimaga et récemment de Massa Douagou Guilavogui. La mort suspecte en détention du général Sadiba Koulibaly, du colonel Célestin Bilivogui »
Cellou Dalein Diallo est revenu aussi sur l’arrestation et la condamnation de plusieurs leaders politiques, dont Aliou Bah, président du parti MoDeL et ce qui s’apparente à ses yeux à de l’intimidation : « Les kidnappings nocturnes suivis de tortures infligées notamment à l’ancien bâtonnier Mohamed Traoré et à l’activiste de la société civile Abdoul Sakho. L’enlèvement du père du journaliste Babila Keïta et des enfants innocents de l’artiste Elie Kamano. »
Au regard de tout ce qui précède, le président de l’UFDG invite les Guinéens à ne pas s’associer au prochain scrutin présidentiel et réitère son appel à la résistance. « Pour toutes ces raisons, je demande aux militants de l’UFDG et à tous nos compatriotes épris de démocratie et de justice de ne pas s’associer à cette mascarade du 28 décembre 2025, dont les résultats sont connus d’avance, », a-t-il lancé.
Reste à savoir maintenant si son appel tombera dans des oreilles attentives. Attendons de voir…
Kèfina Diakité










