Et au lendemain de l’annonce de la reconnaissance par la France de l’État de Palestine, les réactions de la classe politique sont très diverses, à Paris. À gauche, l’initiative du président de la République a été largement saluée, mais dans le camp d’Emmanuel Macron, les soutiens ne se sont pas bousculés.
Les principaux dirigeants du camp présidentiel ne se précipitaient pas, mardi matin, pour venir saluer le discours d’Emmanuel Macron sur la reconnaissance de l’État de Palestine, traduisant un embarras assez partagé sur la question.
Alors que le président de la République achevait son discours lundi à l’ONU, le président du parti Renaissance et chef de son groupe parlementaire Gabriel Attal préférait saluer sur X… le Ballon d’or remis au même moment à l’attaquant du PSG Ousmane Dembélé. Résumant ainsi le sentiment qui semble dominer au sein de la formation macroniste.
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Museler s’est dit ce mardi « mitigé », concernant le discours présidentiel. « Le temps aurait été parfaitement venu si les otages avaient été libérés », a-t-il estimé sur France 2. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a appelé sur X chacun à faire le « choix clair de deux États », mais sans citer le discours du président de la République.
Les félicitations proviennent essentiellement de l’aile gauche du parti. « La France à la hauteur de son histoire. Merci au président Emmanuel Macron pour cette reconnaissance qui honore notre pays », s’est notamment réjoui sur X le député Pieyre-Alexandre Anglade. Dans le reste du camp présidentiel, le parti Horizons est resté également discret, à l’image de son président, l’ancien Premier ministre et maire du Havre Édouard Philippe.
La gauche se réjouit et demande plus, le RN fulmine
Sur le reste de l’échiquier politique, les félicitations sont surtout venues de la gauche. À commencer par le patron du Parti socialiste Olivier Faure. Sur son compte X, il a remercié Emmanuel Macron « de l’avoir fait au nom de la France ». Plus à gauche, La France insoumise s’est globalement montrée satisfaite de cette décision, même si pour le député de Seine-Saint-Denis Aurélien Saintoul, il faut maintenant concrétiser cette annonce.
« Ce qui compte aujourd’hui, martèle le parlementaire, c’est évidemment la reconnaissance d’un État de Palestine et la force que ça donne désormais au peuple palestinien pour faire reconnaitre ses droits à plein. Tout ça ne servirait à rien s’il n’y avait pas des actions mises en œuvre pour sanctionner Israël du génocide qui est en cours et pour le faire cesser tout simplement. »
Sans surprise, l’analyse est radicalement différente au Rassemblement national, où l’on s’aligne sur la position du gouvernement israélien pour réclamer la libération des otages. Sur France Inter mardi matin, le vice-président du parti, Louis Aliot, a dénoncé un coup de communication d’Emmanuel Macron. « Comme il n’a plus la main sur la politique française, eh bien, il s’exprime toute la journée sur la politique internationale et veut se donner un rôle. Il s’est payé une tribune dans l’hémicycle de l’ONU », a critiqué le maire de Perpignan.
RFI










