Presse guinéenne : Révélations sur un réseau d’intimidation, d’ingérence étrangère et de passe-passe institutionnel
Alors que la Guinée s’est engagée dans une dynamique de refondation nationale et de moralisation de la vie publique, le secteur des médias reste le théâtre de pratiques d’un autre âge. Manipulations, pressions nocturnes, exclusion arbitraire et ingérence étrangère : plongée dans les dérives d’un système à l’agonie.
Le paysage médiatique guinéen est-il confisqué par une oligarchie de « caméléons » agrippés à leurs privilèges ? C’est le cri d’alarme lancé par M. Diakité, figure respectée du milieu, victime d’une cabale orchestrée pour avoir simplement rappelé un principe républicain sacrosaint : « Nul n’est au-dessus de la loi. »
Un appel nocturne aux allures d’ultimatum
Tout a basculé le 23 septembre 2026. Cette nuit-là, M. Diakité reçoit un coup de téléphone glacial. Au bout du fil, un individu s’arroge le droit de dicter la ligne à suivre sous peine de sanctions immédiates. Les termes de la menace sont explicites :
« M. Diakité, ralliez-vous à ce qu’a dit Yassine au lieu de lui dire devant tout le monde “nul n’est au-dessus de la loi”. Je connais Yassine, s’il décide quelque chose, il ira jusqu’au bout. Ralliez-vous avant qu’il ne soit trop tard, car ce qui est évident, vous serez écartés. »
Cette méthode d’intimidation n’est malheureusement pas isolée. Dès début novembre 2025, le directeur de la Maison de la Presse avait déjà tenu un discours similaire à l’encontre de M. Diakité, révélant la coordination d’un groupe habitué à faire plier les voix dissidentes par la contrainte et l’isolement.
Une ingérence étrangère intolérable au cœur des instances guinéennes
L’auteur de cet appel nocturne et de la suppression intempestive de M. Diakité de la plateforme officielle des présidents d’associations n’est autre qu’un certain Grégoire Ankou, de nationalité étrangère et « président à vie » de l’UPLG.
La présence et le pouvoir d’influence d’un ressortissant étranger au centre de la gouvernance des médias guinéens soulèvent de graves questions de souveraineté nationale :
- Par quel droit un citoyen étranger peut-il régenter la presse guinéenne et exclure des acteurs nationaux légitimes ?
- Comment une telle personne peut-elle s’ériger en juge et partie au sein d’organisations stratégiques du pays ?
Un système de passe-passe et des organes « fantômes »
Autour de ce noyau s’agite une poignée de présidents de presse en ligne représentant de manière opaque l’AGEPI au sein des institutions publiques. Selon les révélations apportées par M. Diakité :
- Des exclusions ciblées : Des professionnels engagés ont été sciemment écartés de l’AGEPI et de la FEPAP pour laisser le champ libre aux mêmes figures inamovibles.
- La stratégie des coquilles vides : Plusieurs présidents maintenus dans ces instances dirigent des journaux ou des magazines qui n’ont plus rien publié depuis des années. Ces structures « fantômes » servent uniquement de faire-valoir pour capter des représentations institutionnelles et des avantages indus.
Depuis plus de deux décennies, ce sont les mêmes « caméléons » qui opèrent des tour-de-passe-passe entre les présidences d’associations, verrouillant l’accès aux jeunes professionnels et gangrenant ce qui est devenu le domaine le plus dysfonctionnel de la République.
L’heure du bilan face aux nouvelles autorités
Avec l’avènement des nouvelles autorités, ce temps de passe-droits et de féodalité médiatique doit être définitivement révolu. Le peuple souverain de Guinée attend depuis des décennies la fin de l’impunité, et le secteur des médias ne saurait faire exception.
Ce dossier interpelle directement les hautes autorités de l’État et le ministère de la Communication :
- Atteinte à la souveraineté et à l’ordre public : L’ingérence directe d’un ressortissant étranger (Grégoire Ankou) dans le contrôle des faîtières de la presse guinéenne constitue une grave dérive.
- Non-respect des critères de représentativité : Le maintien de structures ne publiant aucun titre viole les textes régissant la presse et spolie les véritables acteurs des médias.
- Entrave à la liberté de la presse et menaces ciblées : Les chantages et intimidations répétés à l’encontre de M. Diakité relèvent de pratiques judiciairement répréhensibles.
Un assainissement complet de l’AGEPI, de la FEPAP, de la HAC et de la Maison de la Presse s’impose d’urgence pour restaurer la légalité, écarter les fossoyeurs de l’information et réaffirmer avec force que nul, absolument nul, n’est au-dessus de la loi.
Mamadou Oury
