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L’illusionniste et le bâtisseur : Quand l’ignorance des rouages de la presse s’attaque à l’expérience de l’éditeur

La confusion des genres et la dictature de l’incompétence

Dans le paysage médiatique guinéen actuel, le désordre intellectuel le dispute au cynisme administratif. À force de laisser des technocrates de salon ou des acteurs de l’audiovisuel s’improviser donneurs de leçons sur la presse écrite, on assiste à des sorties aussi aberrantes qu’incongrues. Comment peut-on, sans rougir, contester la qualité d’éditeur et de journaliste par l’expérience à un homme qui a passé plus de trente ans de sa vie dans les tranchées de l’information, de la rédaction à la rue, des Kords aux bilans comptables ?

Cet article de fond se dresse comme un rappel implacable des réalités fondamentales : un patron de presse ne s’improvise pas par un simple coup de fil ou une connexion Internet, l’AGEPI n’a jamais été un syndicat de reportage mais une association d’éditeurs, et l’expérience vécue de la presse écrite ne souffre aucune leçon de morale de la part de ceux qui n’ont jamais su faire tourner une Kord grise ou noire.

  1. L’AGEPI est une association d’éditeurs, et non un club de journalistes reporteurs

Le premier mensonge qu’il convient de déconstruire avec la dernière énergie est celui entretenu par les imposteurs et leurs parrains institutionnels : la confusion entre l’exercice du journalisme de reportage et le statut d’éditeur d’entreprise de presse.

  • La nature de l’AGEPI : Depuis sa création, l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) est, par définition et par ses statuts, une organisation patronale. Elle regroupe ceux qui assument les risques financiers, la gestion des ressources humaines, les charges d’impression, l’achat du papier, la fiscalité et la survie économique d’un organe de presse écrite.
  • L’infusion malhonnête : Vouloir aujourd’hui transformer l’AGEPI en un conglomérat de “journalistes” autoproclamés — souvent dépourvus de structure, de personnel, d’adresse fixe, et ne fonctionnant qu’au rythme des subventions — relève d’une OPA hostile orchestrée pour siphonner l’argent public.
  • Le congrès des véritables patrons : Un véritable patron de presse, un éditeur digne de ce nom, n’attend pas des journalistes salariés ou des saltimbanques de l’information pour organiser son congrès et structurer sa maison. Les manœuvres de diversion tentant de légitimer des coquilles vides s’effondrent face à la réalité juridique des textes fondateurs.
  1. Le parcours d’un combattant : De la rédaction à la rue, plus de trente ans au service de la presse

Oser s’attaquer à un acteur qui a traversé les pires crises de la presse guinéenne en qualité de DAAF, de Directeur commercial, comptable et d’éditeur, c’est faire preuve d’une amnésie coupable ou d’une méconnaissance totale de l’histoire de notre corporation.

Comment une personnalité qui n’a jamais géré qu’un studio de diffusion ou un bureau climatisé peut-il remettre en doute la fonction d’éditeur et de journaliste par l’expérience d’un homme qui a tout donné au papier ?

  • L’école de la sueur et de la rigueur : Avoir passé plus de trente ans dans la presse écrite, c’est savoir ce que pèse un bouclage à trois heures du matin, c’est connaître par cœur le coût du papier journal, les angoisses de la distribution à travers la ville, et la complexité du recouvrement auprès de partenaires souvent défaillants.
  • Le rôle de DAAF et de gestionnaire : Être Directeur Administratif, Financier et Commercial dans un groupe de référence comme L’Indépendant, c’est porter la lourde responsabilité de maintenir à flot une entreprise de presse sans subvention ni complaisance, en veillant à la rentabilité pour garantir les salaires et la pérennité du titre.
  • L’expérience irréfutable : Cette légitimité-là ne s’achète pas dans un décret, ne se décrète pas dans une salle de réunion ministérielle et ne s’improvise pas avec un smartphone et une connexion 4G. Elle s’enracine dans la sueur, l’encre et le papier.

III. La contradiction des censeurs : Quand ils font la leçon aux bâtisseurs

Le comble du ridicule est atteint lorsque ceux-là mêmes qui ont mené leurs propres projets de presse à la faillite se permettent de pointer du doigt l’expérience des doyens.

Le patron de presse authentique est celui qui a su traverser les tempêtes politiques, les restrictions économiques, les crises sanitaires et les pressions de toutes sortes sans jamais courber l’échine ni tendre la sébile pour mendier des fonds détournés. À l’inverse, les partisans du « copier-coller », soutenus par des régulateurs en mal d’autorité, pensent qu’on gère un journal comme on anime une radio qui ne couvre que l’horizon de Coléah .

Conclusion : La vérité du papier contre l’imposture des écrans

Le peuple souverain de Guinée et l’histoire de notre presse ne se laisseront pas conter fleurette. L’AGEPI appartient à ses éditeurs légitimes, à ceux qui ont payé le prix fort de la liberté de la presse par des décennies de sacrifice sur le terrain.

Quoi qu’en disent les apprentis sorciers de la régulation et les faux patrons sortis de nulle part, l’expérience, la rigueur et la probité finiront toujours par l’emporter sur l’imposture. Le papier, nos archives et nos rédactions continueront de témoigner de la vérité.

Mamadou Aliou Diakité

Président de l’AGEPI

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