Pour bien comprendre la frénésie et la nervosité qui caractérisent aujourd’hui la gouvernance au sommet de la Haute Autorité de la Communication (HAC), il est impératif de disséquer les aspects financiers de ce parcours controversé. Loin des superbes discours de régulation, la réalité des chiffres et des méthodes de gestion renvoie l’image d’un gestionnaire rattrapé par ses vieux démons.
- L’opacité financière de l’AGEPI et l’échec de l’Enquêteur
Le passage de l’intéressé à la tête ou aux abords des structures censées structurer la presse écrite, notamment à l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI), a laissé de profondes cicatrices.
- Une vitrine vide : Le journal L’Enquêteur, brandi à l’époque comme un étendard, s’est rapidement révélé être une structure fantôme, un projet mort-né dont la trajectoire illustre l’imposture d’une prétendue élite médiatique.
- Des subventions et des fonds envolés : La gestion des fonds alloués à la presse durant ces années-opérations reste un tabou que peu osent briser. Les acteurs de la corporation s’interrogent encore sur la destination réelle des appuis financiers et des ressources qui devaient servir à professionnaliser le secteur, mais qui ont plutôt profité à des logiques d’enrichissement personnel ou de clan.
- Le coup de force financier sous la transition
L’un des épisodes les plus troublants de cette gestion demeure l’attitude adoptée lors de l’avènement de la junte au pouvoir.
- Le mépris des consignes de mise en veille : Alors que les nouvelles autorités militaires avaient formellement sommé l’ensemble des institutions républicaines et des structures étatiques ou paraétatiques de geler leurs activités et de se mettre en stand-by en attendant un état des lieux rigoureux, notre stratège a choisi de n’en faire qu’à sa tête.
- Le retrait suspect : Profitant de la confusion générale des premiers jours de la transition et bravant ouvertement les instructions de suspension, un retrait financier pour le moins équivoque a été opéré, illustrant le cynisme d’un responsable soucieux de se servir avant qu’un éventuel contrôle ne vienne verrouiller les caisses.
- La trouille face à l’audit de Diakité
C’est précisément cet empilement de zones d’ombre, de retraits inexpliqués et de gestion périmée qui explique la sueur froide actuelle.
- L’effet de panique : La simple évocation d’un audit approfondi mené sous la houlette de personnalités rigoureuses comme Mamadou Aliou Diakité (à la tête de l’AGEPI) fait l’effet d’une douche froide dans les couloirs de la HAC.
- Le compte à rebours : L’homme qui se rêvait en intouchable sait pertinemment que le vernis de l’autorité ne tiendra pas face à un examen minutieux des lignes budgétaires du passé. Le grand chasseur d’hier est aujourd’hui terrifié à l’idée que l’on remonte la piste de ses indélicatesses financières.
Mamadou Aliou Diakité, le Président de l’AGEPI










