Les Guinéens se sont rendus aux urnes dimanche 31 mai au compte des élections législatives et communales. Dès le lendemain, les observateurs du Réseau Ouest-africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Guinée) ont présenté à la presse leur rapport préliminaire d’observation.
« À travers les 2 331 rapports remontés par nos équipes, il ressort que les files d’attente étaient constituées de 47 % de femmes et de 40 % de jeunes visiblement âgés de moins de 35 ans. Les électeurs vulnérables (personnes vivant avec un handicap, personnes âgées et femmes enceintes) ont reçu l’assistance requise dans les bureaux observés. La présence d’autres observateurs nationaux et internationaux a été constatée par 21 % de nos agents. De même, 95 % des données recueillies indiquent la présence des forces de sécurité dans les centres de vote », a indiqué Fatou Ann Souaré. Et d’ajouter : « Les opérations de vote se sont globalement bien déroulées malgré quelques incidents. Il n’y a pratiquement pas eu de violence dans les bureaux de vote suivis. Les données recueillies indiquent que les procédures prévues par la loi ont été globalement respectées, de l’ouverture au dépouillement », a-t-elle ajouté.
Elle est revenue sur des retards majeurs dans certaines localités de la Haute-Guinée
« Toutefois, il faut noter qu’à 9h20, 169 bureaux de vote sur les 581 observés à cette heure, soit 29 %, n’étaient toujours pas ouverts. Les plus grands retards ont été enregistrés dans la préfecture de Siguiri, plus précisément à Tomba Kanssa, où deux bureaux n’ont ouvert qu’entre 17h35 et 17h45 (le BV N°1 de la place publique de Tombadoula et le BV N°1 de la Mairie Centre). Par ailleurs, des absences ponctuelles des forces de l’ordre ont été signalées à l’EP Taigbe 1 (Forécariah), à Guémé (Pita) et à Madina-Wora (Mali) », ont fait savoir les responsables de WANEP-Guinée.
Au regard de ce qui a été constaté sur le terrain, la mission d’observation a fait des recommandations aux différents acteurs.
Au gouvernement : ouvrir sans délai des enquêtes judiciaires sur les cas avérés de corruption et de pression documentés dans la préfecture de Siguiri ; veiller au respect strict de la neutralité des autorités administratives locales, notamment des sous-préfets ; consolider le climat social par un dialogue inclusif, respectueux des droits et libertés fondamentales ; garantir l’accessibilité du vote aux personnes à besoins spécifiques en intégrant des dispositifs adaptés (système braille, pochettes tactiles, etc.).
À la Direction Générale des Élections (DGE) : procéder à une vérification croisée des résultats dans les bureaux où les procès-verbaux n’ont pas fait l’objet d’un affichage public ; renforcer la chaîne logistique (matériel, fiches de dérogation/procuration, listes d’émargement, scellés) bien en amont des prochains scrutins ; digitaliser le suivi des opérations électorales pour sécuriser la traçabilité et réduire les délais de remontée des données ; intensifier la formation des agents électoraux et la sensibilisation des citoyens ; améliorer les stratégies de prorogation de l’heure de clôture pour les rendre plus prévisibles et efficaces ; déployer un système de suivi instantané des bureaux de vote basé sur les nouvelles technologies afin de résoudre rapidement les dysfonctionnements.
Mamadou Oury
