Dans une interview accordée à nos confrères d’Africaguinee.com, l’actuel Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, est revenu entre autres sur la gestion du processus électoral par la Direction générale des Élections (DGE) et les ‘’risques’’ d’immixtion des autorités dans la campagne en cours.

A la question de savoir si à date, toutes les conditions sont réunies à la Direction Générale des Élections (DGE) pour le bon déroulement du double scrutin, le locataire du Palais de la Colombe a répondu : « Je n’ai aucun regard direct sur les activités de la Direction Générale des Élections, qui est jalouse de son indépendance et de son autonomie. Les seules recommandations que je formule sont adressées au ministre de l’Administration du Territoire. Mon objectif est que ces élections soient bien organisées, transparentes et en parfaite conformité avec nos textes fondamentaux. Il est impératif que ces scrutins se déroulent dans la paix et la sécurité pour tous, afin de renforcer la cohésion nationale, répondant ainsi aux attentes du président de la République et de la population globale.

Je salue le travail accompli qui nous a déjà permis de tenir un référendum exemplaire et une élection présidentielle réussie. Le peuple de Guinée a prouvé qu’il était capable d’organiser des scrutins tranquilles et apaisés, permettant à chacun de retourner à ses occupations dès le lendemain.

Ce que je demande et souhaite à l’ensemble des candidats, quelle que soit leur obédience, c’est de veiller à ce que ces législatives et communales s’inscrivent dans la même lignée. Ces scrutins doivent être des élections qui rassemblent et qui réconcilient les citoyens avec la politique. J’observe d’ailleurs avec un grand intérêt le grand nombre d’inscriptions sur les listes de candidatures. C’est le signe d’une réappropriation par les citoyens des institutions qui vont les gouverner. La Guinée est en train de restaurer sa santé démocratique, et en tant que Premier ministre, je veillerai à ce que cela se traduise concrètement au lendemain du vote. »

A propos des ‘’risques’’ d’immixtion des autorités dans la gestion de la campagne, Amadou Oury Bah dira ceci à Africaguinee.com: « La pratique politique est un apprentissage. Notre pays a longtemps été victime d’une certaine culture politique qui ne va pas disparaître d’un claquement de doigts ; c’est un effort collectif. Chaque candidat doit s’interroger : en réveillant les vieux démons, concourt-il à la vertu du processus en cours ou cherche-t-il à le perturber ?

Au niveau de l’administration, la neutralité est une obligation. Ces dernières semaines, j’ai explicitement demandé aux ministres et aux personnes ressources d’aller sensibiliser les populations à une culture de paix, de sécurité et de respect des droits de chacun. Je l’ai dit publiquement : tous les candidats sont des citoyens de la République. Nous avons besoin d’institutions solides et représentatives, et je ne demanderai jamais de voter pour X ou Y. C’est la réussite globale du processus qui m’importe. »

Kaba Kankoula

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