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INVESTIGATION : AGEPI, le scandale du « Copier-Coller » ou le crépuscule d’une mafia du gain facile

Alors que les autorités de régulation renforcent les mécanismes de contrôle pour assainir le secteur médiatique, une partie de la presse imprimée s’enfonce dans une imposture éditoriale sans précédent. Entre parutions fantômes, journaux sans rédaction et recyclage de contenus, enquête sur un système qui tente de transformer l’aide publique en butin personnel.

La transparence est une exigence de chaque instant. Pour garantir la régularité de la presse, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a pris des mesures concrètes en sollicitant le concours de la gendarmerie pour surveiller le dépôt effectif des journaux. Cependant, derrière cette rigueur administrative, certains acteurs malintentionnés rivalisent d’ingéniosité pour contourner l’éthique journalistique et s’assurer un accès indu aux subventions.

  1. Le Renard : L’art de la reconduction systématique

Le cas d’Aboubacar M’Mah Soumah et de son journal Le Renard est symptomatique de cette dérive. Pour la subvention 2025, cet organe a affiché une mutation soudaine en hebdomadaire avec 43 parutions sur 52. Mais à quel prix ?

Nos investigations révèlent une pratique qui frise l’escroquerie intellectuelle : la reconduction pure et simple des numéros. Dans sa soif de gain facile, le patron du journal se contente de dupliquer le contenu d’un numéro sur le suivant, sans aucun travail de terrain ni personnel de rédaction. Sans siège social identifié, cette “boutique” médiatique se résume à une machine à copier-coller, trahissant ainsi la mission d’information du public.

  1. Le système Aminata : La prolifération des “Organes Dormants”

Le clan sortant semble avoir érigé le détournement de l’esprit de la loi en mode de gestion. Dame Aminata Camara multiplie les titres pour gonfler artificiellement sa part du gâteau :

  • Guinée Soir : Un titre créé opportunément, affichant seulement 5 parutions, mais prétendant aux mêmes privilèges que les organes réguliers.
  • Guinée Actuelle : Le titre phare du clan plafonne à 44 parutions, complétant ce tableau d’un professionnalisme à géométrie variable.

Pendant que ces structures se nourrissent de “copier-coller”, elles s’éloignent de l’objectif de contenu original et objectif que le public et le régulateur appellent de leurs vœux.

  1. Les sites d’information : La nouvelle fierté nationale

Face à ces manœuvres de la presse imprimée “mafieuse”, le paysage médiatique trouve son salut dans le numérique. Le Président de la HAC lui-même l’a souligné : les sites d’information sont devenus la fierté de la Guinée. En misant sur le respect strict de leurs statuts et une production originale non négociable, ils occupent l’espace que les “tigres de papier” ont déserté par paresse et malhonnêteté.

  1. Le verdict de la Justice comme seul horizon

Le 11 février prochain, le Tribunal de Première Instance de Kaloum se penchera sur l’usurpation de titre. Ce sera l’occasion de rappeler qu’on ne peut se prétendre éditeur sans respecter les règles de base du métier. Dame Aminata, qui tente de justifier son maintien illégal par une prétendue surcharge des journalistes — confondant ainsi patrons et employés — devra faire face à la réalité des faits.

Comme l’écrivait Fénelon : « L’homme digne d’être écouté est celui qui ne se sert de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour dire la vérité et la vertu ». Fidèle à cette ligne, L’Aigle Infos continuera de dénoncer ceux qui voient dans la presse un butin plutôt qu’un sacerdoce. La neutralité affichée par la HAC, en attendant les décisions de justice du 11 et du 18 février, place désormais les usurpateurs face à leur destin judiciaire.

Par la Rédaction de L’Aigle Infos

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