La colère ne retombe pas dans le Minnesota : de nouveaux rassemblements ont eu lieu lundi 26 janvier pour contester la présence de la police de l’immigration (ICE) dans la ville. La tension monte depuis la mort d’Alex Pretti samedi. Les autorités locales cherchent à faire baisser la tension et appellent à des manifestations pacifiques, ce qui est très majoritairement entendu par la population. Mais celle-ci ne décolère pas et exige le retrait total des agents fédéraux et la fin de l’opération contre les migrants dans la ville. Ce lundi, Donald Trump a cherché à jouer sur les deux tableaux.
L’élue démocrate Ilhan Omar, figure de la gauche américaine, a été visée mardi soir par un jet de liquide lors d’une réunion publique à Minneapolis, signe d’une ville toujours à cran malgré les promesses de désescalade de Donald Trump. Un homme s’est avancé vers son pupitre et a projeté à l’aide d’une seringue un liquide non identifié en sa direction, avant d’être interpellé par un agent de sécurité, ont constaté des journalistes de l’AFP. Ilhan Omar, dans le viseur de Donald Trump depuis longtemps, a poursuivi son discours, tandis que l’homme a été placé en détention, selon ses services, qui assurent que l’élue « va bien ».
Trois jours après la mort d’Alex Pretti, tué par des policiers fédéraux de l’immigration, le conseiller du président américain Stephen Miller a par ailleurs pour la première fois reconnu un possible manquement au « protocole » des agents impliqués lors du drame. Le changement de ton de ce très influent et radical conseiller de Donald Trump intervient quelques heures après que Donald Trump a annoncé une « petite désescalade » de l’opération anti-immigration ayant conduit à la mort de deux manifestants depuis début janvier.
Plus tôt, Donald Trump et Tim Walz se sont parlé au téléphone, rapporte notre envoyé spécial à Minneapolis, Edward Maille. « Un très bon appel », selon le président. Une conversation « productive » pour Tim Walz. Sauf que les compte-rendus divergent. Donald Trump a dit que son gouvernement continuait de chercher les criminels et que Tim Walz l’aurait compris.
« Le gouverneur Tim Walz m’a appelé pour me demander de collaborer concernant le Minnesota. Ce fut un excellent appel, et nous semblions effectivement partager la même vision. J’ai indiqué au gouverneur Walz que Tom Homan le contacterait et que nous recherchions tous les criminels détenus par le Minnesota. Le gouverneur a très respectueusement compris notre demande, et je m’entretiendrai avec lui prochainement », a écrit sur Truth Social le président Trump.
« Le président a accepté d’examiner la possibilité de réduire le nombre d’agents fédéraux au Minnesota »
Mais du côté de Tim Walz aucune mention de cela. Le gouverneur démocrate a par contre précisé que Donald Trump aurait accepté d’étudier une réduction du nombre des agents de l’ICE et de parler à son gouvernement pour que l’enquête sur la mort d’Alex Pretti soit confiée aux autorités locales.
« Le président a accepté d’examiner la possibilité de réduire le nombre d’agents fédéraux au Minnesota et de discuter avec le département de la Sécurité intérieure (DHS) afin de garantir que le Bureau d’enquête criminelle du Minnesota puisse mener une enquête indépendante, comme ce serait le cas en temps normal », a nottament écrit sur X le gouverneur Tim Walz.
Prise de distance
Et la Maison Blanche a pris ses distances avec certains membres du gouvernement, comme la secrétaire d’État à l’Intérieur, Kristi Noem, ou le conseiller Stephen Miller, qui affirmaient sans aucun doute que les agents responsables du drame étaient en situation de légitime défense.
La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a dit qu’elle n’avait pas entendu Donald Trump partager ces points de vue et que le président ne voulait pas d’Américains tués, mais toujours en rejetant la responsabilité du drame sur la « résistance délibérée et hostile » des démocrates, selon la porte-parole de la Maison Blanche.
Ce mardi, Donald Trump a déclaré que la ministre à la Sécurité intérieure Kristi Noem reste en place et a qualifié de « très triste » la mort d’Alex Pretti.
RFI
