Alors que le conflit pour la légitimité de l’Association Guinéenne
des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) se déporte devant
les tribunaux, les révélations sur les méthodes de Dame Aminata
Camara et de son dauphin désigné, Aboubacar M’Mah Soumah,
dressent le portrait d’une véritable mafia corporatiste. Entre
organes dormants, falsification de parutions et mépris des statuts,
plongée dans un système qui vit sur le dos des éditeurs honnêtes.

La Vérité et la Vertu comme boussole

Que les choses soient claires : je ne suis pas un simple contestateur. Je
suis un homme de presse allergique à la malhonnêteté, au mensonge et
au vol, particulièrement lorsqu’ils s’immiscent dans notre corporation,
censée être le temple de la morale. La ligne éditoriale de L’Aigle Infos
est immuable : la vérité et la vertu.
En m’arrêtant à la barre du tribunal, je me remémore les mots de
Fénelon dans sa Lettre à l’Académie française : « Un homme calme est
un homme qui veut beaucoup dire ». Aujourd’hui, ma pensée ne sert que
ma parole, et ma parole ne sert que la vérité pour mon cher pays, la
Guinée. L’homme digne d’être écouté est celui qui refuse de trahir les
faits pour des intérêts de clan.
De stagiaire recalé à « Président de paille »
L’ascension d’Aboubacar M’Mah Soumah, le bras droit d’Aminata
Camara, est une insulte au professionnalisme. Je me souviens de ce
jeune homme venu me solliciter pour intégrer le groupe L’Indépendant.
Après deux semaines d’essai, le verdict du Directeur de Publication fut
sans appel : Soumah n’avait même pas le niveau d’un stagiaire.
Quelle ne fut pas ma surprise de le voir réapparaître, des années plus
tard, comme « patron de presse » à la tête du journal Le Renard. Un titre
qui n’existe que sur le papier, sans bureau ni personnel, servant
uniquement de paravent pour capter les ressources de l’association.
Les chiffres du scandale : La mafia des parutions fantômes
Pour prospérer, ce clan a mis en place une gestion opaque, distribuant
la subvention sans aucun critère professionnel. Les chiffres de 2022
parlent d’eux-mêmes :
 Le journal « Le Renard » (Soumah) : Pour un bimensuel censé
paraître 26 fois l’an, il n’a produit que 16 parutions.
 Le journal d’Aminata Camara : Sur 52 parutions attendues pour
un hebdomadaire, seules 25 ont vu le jour.
Pourtant, ces « organes dormants » ont bénéficié de partages de fonds
en violation totale des statuts de l’AGEPI. Aminata Camara a sciemment
piétiné les articles 4 (Missions), 12 (Assemblée générale et rapports
financiers) et 22 (Bénévolat). L’AGEPI est devenue leur boutique
privée, une rente où l’on se sert indûment sur le dos des patrons de
presse qui, eux, paient leurs charges, leurs locaux et leurs journalistes.
Le réveil de la Justice
Aujourd’hui, alors que le Président de la HAC loue le professionnalisme
des sites d’information pour leur respect strict des règlements, l’ancienne
équipe de l’AGEPI s’enfonce dans l’illégalité. Porter cette affaire à la
barre n’est pas une vengeance, c’est une nécessité de salubrité
publique.
Le temps où l’on manipulait les institutions avec des « organes fantômes
» pour assurer le train de vie d’un clan est révolu. La justice du 18 février
devra trancher : voulons-nous une presse de vertu ou une mafia de
boutique ?

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