Accueil A la une Scrutin Présidentiel : Entre calme olympien et sursaut civique à Matoto

Scrutin Présidentiel : Entre calme olympien et sursaut civique à Matoto

Loin de l’effervescence habituelle des grands scrutins, le quartier de Khabitaya, à Matoto, a vécu une matinée électorale d’une sérénité frappante. Si l’affluence est restée modeste dans les centres de vote, la détermination des électeurs, elle, n’a pas faibli.

Ce matin, le poumon économique de Matoto semblait tourner au ralenti. Boutiques closes, circulation quasi inexistante : seul le ronronnement discret de quelques motos venait troubler le silence entre le grand marché et les secteurs résidentiels.

Dès 8 heures, au Centre de formation professionnelle (CFP) OBK, les premiers électeurs ont formé des files indiennes ordonnées. Ici, quatre bureaux de vote accueillent les citoyens dans un calme absolu. Sous l’œil vigilant mais discret des agents de sécurité, le processus s’est déroulé sans le moindre accroc technique ni tension apparente.

« Peut-être mon dernier vote » : le témoignage poignant d’une doyenne

Le contraste est saisissant à l’École primaire Africof. Entre les murs de cet établissement, le vote prend une dimension presque solennelle. On y croise des jeunes primo-votants, mais surtout des aînés, venus porter leur voix avec une dignité touchante.

C’est ici que nous avons rencontré une figure marquante de cette journée. Malgré le poids des années, cette dame au regard vif a tenu à faire le déplacement. Son récit est une leçon de civisme :

« En 1958, j’étais trop jeune pour voter. Mais depuis l’ère Lansana Conté, je n’ai jamais manqué un scrutin », confie-t-elle avec fierté.

Contre l’avis de ses proches qui craignaient pour sa santé, elle a exigé que son petit-fils l’accompagne jusqu’à l’urne. « Je leur ai dit non. Je ne sais pas si le prochain vote me trouvera en vie. Il fallait que je vienne. » Un dernier geste citoyen accompli avec le sourire, comme pour boucler la boucle d’une vie d’engagement.

 

Le constat reste le même au Groupe scolaire Sadialiou Diallo : la sérénité prime sur l’affluence. Les agents électoraux, accréditations vérifiées par la HAC (Haute Autorité de la Communication), facilitent le travail de la presse dans une ambiance cordiale.

Dernière étape de notre tournée : le Groupe scolaire Frantz Fanon. Les quatre bureaux de vote y suivent scrupuleusement les procédures, bien que l’accès aux données chiffrées (nombre d’inscrits) soit resté plus restreint auprès de certains présidents de bureaux.

 

Si la présidentielle à Matoto n’a pas provoqué les cohues des années passées, elle a révélé une facette plus mature du processus électoral. À Khabitaya, le vote n’était pas une démonstration de force, mais un acte de foi tranquille en la démocratie. Le nombre n’y était peut-être pas, mais le sens, lui, était omniprésent.

A Diallo

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