1- Ambiance générale et climat sécuritaire

La journée électorale s’est déroulée dans une atmosphère de calme précaire. Dès l’aube, une forte mobilisation a été observée dans les centres urbains, notamment à Conakry (Kaloum, Dixinn, Ratoma) ainsi que dans les grandes agglomérations de l’intérieur (Kankan, Labé, Nzérékoré).

–         Sécurisation : Le dispositif de l’USSEL (Unité Spéciale de Sécurisation des Élections) a été massivement déployé. Les frontières terrestres ont été fermées et la circulation automobile restreinte, conférant aux villes un aspect de “villes mortes” mais animées par de longues files d’attente devant les bureaux de vote.

–  Incidents : Quelques altercations mineures ont été signalées dans certains quartiers de la haute banlieue de Conakry et à Boké, principalement liées à l’impatience des électeurs face aux retards logistiques.

2- Logistique et opérations de vote

L’organisation pilotée par la Direction Générale des Élections (DGE) a présenté un bilan contrasté :

–         Ouverture des bureaux : Si 70% des bureaux ont ouvert à l’heure (8h00), des retards significatifs (jusqu’à 3 heures) ont été notés dans les zones rurales en raison de l’acheminement tardif des kits électoraux (encre indélébile, isoloirs).

–  Matériel électoral : Le recours à la biométrie a globalement fonctionné, bien que des pannes de tablettes aient été signalées dans certaines préfectures de la Guinée Forestière, ralentissant le processus.

3- Participation et mobilisation citoyenne

Le taux de participation s’annonce particulièrement élevé. Les citoyens guinéens ont montré un réel engouement, perçu comme une volonté de clore la période de transition.

–         Jeunesse et Femmes : Une présence massive des jeunes et des femmes a été constatée, marquant une volonté de renouvellement de la classe politique.

–  Observateurs : Le scrutin a été suivi par des missions d’observation de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de nombreuses organisations de la société civile locale (dont le CNOSCG).

4- Le rôle de la presse et le contexte médiatique

Malgré la crise interne qui secoue l’AGEPI (détournement des fonds de campagne par le bureau sortant), les journalistes sur le terrain ont fait preuve de résilience.

–         Couverture : La couverture médiatique a été intense. Cependant, de nombreux éditeurs membres du “nouveau bureau de l’AGEPI” ont déploré le manque de moyens financiers dû au blocage des fonds par l’ancienne présidente, ce qui a limité les capacités de déploiement de certains journaux de la presse écrite.

–  Professionnalisme : Sous l’égide de la HAC, les médias ont globalement respecté le silence électoral et les règles d’équité, malgré des tentatives isolées de désinformation sur les réseaux sociaux.

5- Indicateurs économiques du jour

–         Paralysie du secteur informel : L’arrêt des activités commerciales pour le scrutin a pesé sur l’économie journalière, mais les marchés devraient rouvrir progressivement dès demain.

–         Stabilité du GNF : Sur le marché de change, le Franc Guinéen reste stable dans l’attente des premières tendances, les opérateurs économiques restant prudents.

Conclusion et perspectives

Le vote s’est achevé à 19h00 dans la plupart des bureaux. Le dépouillement a commencé immédiatement sur place, devant les délégués des partis et les observateurs.

Les prochaines 48 heures seront cruciales :

  1. Centralisation des résultats : La remontée des PV (Procès-Verbaux) vers les Commissions Administratives de Centralisation des Votes (CACV).
  2. Gestion de l’attente : Le risque principal réside dans la proclamation des résultats provisoires. Le climat de méfiance entre les états-majors politiques impose une transparence totale de la part de la DGE.

Kèfina Diakité

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