L’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) ne s’est jamais autant fissurée que depuis l’accession de Madame Aminata Camara à sa tête. Aujourd’hui, le masque tombe. Ce qui était présenté comme une « gestion » s’est révélé être une stratégie d’accaparement, poussant même certains patrons de presse respectés à envisager la création d’une nouvelle association sérieuse face au dégoût suscité par le bureau sortant.
- Le mythe de la « Prorogation » face à la rigueur des statuts
Le mandat de Madame Aminata Camara a expiré, de plein droit, le 23 novembre 2025. Toute action entreprise après cette date n’est pas seulement illégale : elle relève de l’usurpation de fonction.
Le 14 novembre 2025, sentant le sol se dérober sous ses pieds, la présidente sortante a tenté un coup de force : une auto-prorogation unilatérale de son mandat jusqu’au 16 janvier 2026. Une réunion de « salon » où seules treize (13) personnes étaient présentes, loin du quorum strict exigé par les statuts pour une Assemblée Générale Souveraine. L’argument du « manque de moyens » invoqué pour ne pas organiser d’élections est une insulte à l’intelligence des éditeurs : le manque de moyens n’a jamais été une clause de prolongation de mandat dans le droit associatif guinéen.
- Le calcul financier : Le chèque de la discorde
Pourquoi cet acharnement à rester dans un fauteuil dont les pieds sont brisés ? La réponse est sonnante et trébuchante : le chèque de 100 millions GNF de la campagne présidentielle et la future subvention d’État.
Le plan était cynique : rester coûte que coûte pour capter ces fonds publics. Une fois l’argent sécurisé et réparti entre ses « fidèles », Madame Camara aurait pu se « rétracter » pour cause de cumul de fonctions (au CNOSCG), se retirant vers son lieu de chute habituel après avoir infiltré et vidé la structure de la presse. L’élection du 29 novembre a brisé net ce calcul de prédation.
III. Une gestion par l’exclusion et le favoritisme
Candidate, elle promettait de « ne pas toucher à l’argent public ». Présidente, son premier acte a été de piétiner les statuts et le règlement intérieur. Sa méthode ? La prime à la docilité. Quiconque osait rappeler les règles était déclaré « ennemi » et écarté des listes.
Pire, pour asseoir sa majorité de façade, l’ancienne équipe a favorisé l’émergence d’organes factices : des journaux « fantômes » ou « réveillés » sans l’accord de leurs véritables propriétaires, dont le seul but est de produire les « 3 copies » nécessaires pour capter la subvention à la HAC. Face à ces pratiques, le nouveau bureau est clair : « C’est le contenu réel des journaux qui nous départagera devant la HAC, pas les parutions de complaisance. »
- La force de la légalité : Le congrès des 34
La communauté des éditeurs n’a pas agi par précipitation. Durant des mois, par respect pour le genre et par courtoisie, nous avons fermé les yeux sur une arrogance indicible. Mais le vide juridique créé le 23 novembre imposait une réaction.
Le Congrès du 29 novembre 2025 n’était pas une réunion de contestataires, mais l’acte de souveraineté de la base :
- Quorum atteint : 34 représentants d’éditeurs de presse (la majorité écrasante).
- Transparence totale : Élection organisée sous le contrôle d’un officier ministériel (Huissier de Justice).
- Résultat : Élection unanime de Mamadou Aliou Diakité.
- L’usurpation inversée : L’aveu du 10 décembre
Madame Camara accuse aujourd’hui le nouveau bureau d’usurpation. Pourtant, c’est elle qui, le 10 décembre 2025, a avoué par message officiel avoir perçu un chèque de la DGE alors que son mandat était terminé.
Comme le rappelle le Président élu, Mamadou Aliou Diakité :
« Une usurpation est un acte clandestin. Mon élection, elle, est un acte authentique certifié par un huissier de justice. Dès lors, porter plainte contre la légalité devient une dénonciation calomnieuse. »
Conclusion : L’heure de la redevabilité
L’ancienne présidente a affiché une méconnaissance crasse des fondements de l’AGEPI, qui est une association de patrons de presse et non un club privé. En refusant la confrontation à la DCPJ sous des prétextes douteux pour continuer à dilapider l’argent de la présidentielle, elle s’enfonce dans une impasse judiciaire.
Le nouveau bureau n’exerce pas seulement un pouvoir ; il exerce une fonction de restauration. Chaque franc distribué illégalement ces derniers jours par le « clan » sortant sera tracé, et chaque bénéficiaire sera tenu pour receleur de fonds détournés. La refondation est en marche, et elle ne s’arrêtera pas aux portes de l’AGEPI.










