La crise qui secoue l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante (AGEPI) vient de franchir un nouveau seuil dans l’indécence. Selon des informations concordantes et des témoignages de plusieurs éditeurs, l’équipe sortante, dirigée par Madame Aminata Camara, a entrepris une distribution partiale et occulte des 100 millions GNF destinés à la couverture de la campagne présidentielle.

Un partage « à la tête du client »

Alors que son mandat a expiré le 23 novembre dernier et qu’un nouveau bureau a été installé, l’ancienne présidente continue de se comporter en gestionnaire des fonds publics. Le chèque de 100 millions GNF, indûment perçu auprès de la Direction Générale des Élections (DGE), est actuellement utilisé comme un instrument de corruption interne.

L’argent, qui devrait revenir de droit à l’ensemble des membres de l’association pour leurs efforts de parution, est distribué de manière sélective. Seul le « clan » fidèle à l’ancienne direction est servi, au mépris de l’équité et de la solidarité qui devraient régir la corporation.

Arrogance et intimidation : « Votre journal est retenu »

Le summum de l’indignation est atteint par les méthodes employées par les affidés de la présidente sortante. Des membres de son équipe, qualifiés de « jeunes arrivistes » par leurs pairs, appellent désormais les éditeurs avec une arrogance déconcertante.

« Ils nous appellent comme s’ils étaient nos patrons. L’un d’eux m’a dit froidement au téléphone : “Ton journal est retenu”, comme s’il s’agissait d’une faveur personnelle ou d’un casting privé », témoigne un éditeur de presse écrite, outré par ce manque de professionnalisme.

Des journaux « Copier-Coller » pour justifier le vol

Pour donner une apparence de légitimité à ce pillage, le clan Camara encourage la parution de journaux dits de « copier-coller ». Ces titres, qui n’ont ni rédaction, ni siège, ni existence réelle le reste de l’année, sortent de l’ombre uniquement pour justifier l’encaissement de la manne financière.

Pendant ce temps, les journaux sérieux, disposant de bureaux et de journalistes salariés, sont écartés ou humiliés par une gestion qui privilégie la quantité médiocre à la qualité éditoriale.

L’urgence d’une intervention judiciaire

Cette distribution sauvage de fonds publics intervient alors que :

  • Le loyer du siège de l’AGEPI n’est plus payé depuis deux mois.
  • La secrétaire de l’association est à son sixième mois sans salaire.

Comment peut-on distribuer des millions à un clan alors que les charges sociales de base sont délaissées ?

Le nouveau Bureau Exécutif, dirigé par Mamadou Aliou Diakité, a déjà saisi le Procureur de la République. Cet article vaut également cri d’alerte pour la DGE et le Ministère de l’Information : chaque franc distribué par Madame Aminata Camara après la fin de son mandat constitue un détournement de fonds publics dont les bénéficiaires devront également répondre devant la justice.

La refondation de la presse guinéenne ne se fera pas avec des pratiques de brigandage financier.

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