La Paix ! La Paix ! Voilà le mot d’ordre, le cri de ralliement, l’oxygène qui doit nous sauver.
En Guinée, alors que l’horizon politique se précise et que l’on nous promet le retour à l’ordre constitutionnel fin 2025, nous devons nous interroger : Quelle est la véritable nature de la paix que nous cherchons ?
C’est par la paix que les énergies se libèrent pour la prospérité. C’est elle qui remet chaque citoyen à sa place véritable : celle du travailleur, de l’entrepreneur, du père de famille. En revanche, la guerre est le refuge des hommes de mauvaise vie, ceux qui n’existent que dans le désordre et qui s’affublent d’une fausse grandeur au milieu du chaos.
Dans les périodes de troubles et de contestations, les esprits mesquins et les cœurs noirs trouvent leur compte. L’instabilité est leur terrain de chasse. La bassesse humaine, la soif du pouvoir et de l’argent s’y déploient sans entrave, laissant derrière elles des drames que l’on ne veut plus voir : les destructions de biens, les blessés, les charniers humains que l’histoire s’empresse d’oublier.
En temps de paix véritable, ces individus ne seraient rien. Leurs pensées et leurs désirs, engendrés par des ambitions détestables, seraient mis à nu. Ils ne pourraient plus se cacher derrière le fracas des manifestations et les bruits de bottes.
L’être humain a été créé pour la paix, pour le travail, pour l’amour de sa famille et de son prochain. Or, puisque la guerre va à l’encontre de cette vocation divine, elle est un véritable fléau, un retour en arrière barbare. Il est donc naturel que, de tout temps, la guerre ait été détestée par les mères et condamnée par tous les gens de cœur.
Aujourd’hui, l’enjeu pour la Guinée est simple : choisir la paix pour construire l’émergence. On nous parle de Simandou, de milliards de dollars, d’une croissance économique à deux chiffres. Mais aucune mine, aucun investissement étranger ne tiendra si la paix sociale est précaire.
La stabilité de la transition actuelle, chèrement payée après tant d’années de gouvernance laxiste et populiste, est notre unique capital. Nous ne pouvons pas le dilapider dans des querelles politiques stériles et des tentatives de déstabilisation.
Il est temps que les acteurs politiques, tant au pouvoir que dans l’opposition, comprennent que la démocratie est la paix organisée, pas la guerre différée. Ils ont la responsabilité historique de garantir que les urnes parlent, et que la rue reste au peuple qui veut travailler.
Le chemin vers les États-Unis de Guinée passe impérativement par la maturité politique et par le refus catégorique de laisser la soif du pouvoir briser le rêve de toute une nation. La paix n’est pas qu’un mot ; c’est le seul chantier qui compte.
ERCHMENN. C & Kèfina Diakité










