Le samedi, 1er mars 2025, le RPG Arc-en-ciel, ancien parti au pouvoir, a tenu son assemblée générale hebdomadaire à son siège national à Gbessia, dans la commune du même nom. Dans son intervention de circonstance, Marc Yombouno, ancien ministre du Commerce, a relevé que la différence entre le programme et le projet Simandou était mal comprise par la majorité de la population guinéenne. Pour lui, le programme Simandou 2040 n’aurait en réalité aucune substance. « C’est écrit partout, mais il n’y a rien dedans. Ce n’est même pas un slogan de campagne, c’est de la propagande », a-t-il fait savoir, rappelant qu’un
programme de développement sérieux doit être accompagné d’une planification rigoureuse et d’une évaluation des coûts. « Quand on parle de projets comme l’ANIES ou le PNDES, il y a un coût estimé, des objectifs clairs. Mais dans le cas de Simandou 2040, il n’y a rien de tout cela », dira-t-il. Avant de revenir sur l’historique du projet Simandou, de Sékou Touré à Mamadi Doumbouya en passant par Lansana Conté, Dadis Camara, Sékouba Konaté et Alpha Condé. « Ce projet ne date pas d’hier. Ce n’est pas une création récente. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est simplement une continuation d’un processus entamé depuis plusieurs années », a-t-il précisé.
Et de soutenir que sous Alpha Condé, des avancées avaient été faites, notamment avec l’implication de la Chine, qui avait signé des engagements pour le développement du projet. Toutefois, la suspension des contrats après le coup d’État de 2021 a mis un frein temporaire à l’avancement des travaux.
L’ancien ministre du Commerce n’a pas manqué de faire des observations pertinentes sur l’impact du projet Simandou sur l’emploi en Guinée. « Pendant la phase de construction, il y aura des emplois, certes, mais une fois les installations terminées, le nombre d’emplois sera drastiquement réduit. Il faut déjà penser à la reconversion de ceux qui perdront leur emploi une fois la phase de construction achevée », dira-t-il.
A l’en croire, il va falloir se préparer à la gestion de cette transition afin d’éviter des conséquences sociales négatives à long terme pour les travailleurs locaux. A propos de la communication et de la transparence autour du projet Simandou, il a indiqué : « Il faut que les responsables du programme aient la bonne foi et fassent preuve de transparence. Nous devons savoir ce qui se cache derrière toutes ces annonces »
Kèfina Diakité
