Cinq mois après le coup d’État du 5 septembre 2021, le président du NGP a dressé un bilan sombre du Comité National pour le Rassemblement et du Développement (CNRD). Selon Badra Koné, la classe politique s’est réveillée tardivement.

Pour le président de la Nouvelle génération politique (NGP), la classe politique guinéenne a fui ses responsabilités. Puisque selon Badra Koné tout le monde a soutenu ouvertement le coup d’État alors qu’ils (les leaders politiques) pouvaient se réunir afin de mettre pression sur la junte: « Les politiques ont failli à leur devoir. On était content du départ d’Alpha Condé. Mais les politiques ont soutenus ouvertement le coup d’État alors qu’il y avait la possibilité de dire on était d’Alpha Condé. Mais le coup d’État est anti constitutionnel. Il est anti démocratique. Nous demandons au militaire le retour dans les casernes et laisser un pouvoir civile s’installer. Il y avait possibilité de le faire. On ne l’a pas fait. Il y avait possibilité d’aller autour d’une table avec les militaires pour discuter, trouver un consensus. On pouvait être fort de quelque chose. Ça été oublié. Je mets ça sur l’arbre euphorique de la période du départ d’Alpha Condé », a-t-il laissé entendre.

Au lendemain du coup d’État du 5 septembre, le CNRD a lancé des concertations nationales afin de discuter avec tous les acteurs de la vie nationale. Mais pour le vice maire de Matam ce sont des ”meetings” que les putschistes avaient organisé. « Le CNRD a organisé des consultations que moi j’ai nommé meetings parce qu’ils avaient en face des agents, chacun se levait en trois minutes pour dire ce qu’il pense. Et aussi tenait un discours de cinq minutes pour bâtir. On a accepté tout ça. Encore on nous fait parachuter une charte. Les politiques pour la plupart ont dit il faut prendre acte. Alors que ce jour, ce qui intéressait plus les politiques c’est le fait que, ni les membres du gouvernement, du CNRD ou encore les membres du CNT ne seront candidats aux élections qui seront organisées. C’est ce qui a intéressé le politique. Ce qui est pouvait être des pièges, les politiques n’ont pas vu venir. Le fait que c’est le président qui a nommé le président du CNT et ses deux vice-présidents ils se font senti plus tard… Parce que la classe politique est restée écartée pendant plus de trois mois. Le quatrième mois elle se réveille. Elle veut se mettre ensemble pour avoir un contact cette fois-ci dans un cadre de dialogue. Ça peine à se faire mais on a réussi quand-même à nous mettre ensemble dans une ou deux semaines. Dans cette unité d’action qu’on a voulu avoir il y a eu de divergence pour des raisons qui sont vraiment très banales. Si depuis le début on a été conséquent, est-ce qu’on allait avoir ce qui est arrivé aujourd’hui ?» s’interroge-t-il: « Concernant le CNRD, la première semaine du coup d’État Mamadi Doumbouya de cette époque n’est pas le Mamadi Doumbouya d’aujourd’hui. La différence ce que Mamadi Doumbouya d’aujourd’hui est bien installé. Il gère vraiment la situation. Les politiques se sont réveillés tard. Il fallait être au tour de la table dès les premières heures », ajoute Badra Koné.

Amadou

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